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'Mimesis' van Lili Dujourie aan de linkersokkel van het KMSKA

Mimesis de Lili Dujourie

Nouvelle œuvre d'art au KMSKA

KUNST IN DE STAD | Mimesis est une nouvelle sculpture monumentale de l'artiste Lili Dujourie (°1941, Roulers, Belgique), commandée par la ville d'Anvers à l'occasion de la réouverture du Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers (KMSKA) en automne 2022.

Mimesis est une œuvre d'art surprenante et unique à plusieurs égards. C'est la première œuvre que Lili Dujourie réalise pour l'espace public, ainsi que sa première œuvre réalisée en bronze. La sculpture de Dujourie fait un usage inattendu du socle qui flanque le côté gauche de l'entrée du musée. Traditionnellement, les socles servent à créer une distance entre la statue et le spectateur, entre l'œuvre d'art et le « monde ordinaire ». Ici, cependant, l'œuvre d'art atteint le sol : elle prend racine dans la Leopold de Waelplaats et s'enracine fermement dans l'espace public de la ville. Dujourie relie ainsi le musée au monde et réduit la distance entre la rue et l'imposant bâtiment du musée.

Les lignes claires des racines renvoient au dessin et à la peinture, ici non pas sur papier ou sur toile, mais sur un fond de pierre bleue. La couleur et la texture de l'œuvre d'art en bronze ont été coordonnées avec les autres œuvres à proximité immédiate : Gloire de Léon Mignon sur le socle opposé (1896, également appelée Hommage à Antoon van Dyck, collection KMSKA) et Deep Fountain de Cristina Iglesias (2006, collection Art dans la ville d’Anvers). Avec cette dernière, Mimesis partage également une référence à la nature et aux formes organiques.

La nature, avec la forme humaine, est peut-être le motif le plus inspirant de l'histoire de l'art occidental. Mais, les corps peints ou sculptés dans la collection du KMSKA ne sont pas une représentation réaliste du corps humain moyen, mais véhiculent plutôt une image idéale : la nature fait depuis longtemps l'objet d'une recherche artistique de perfection. Cette tradition d'imitation du monde idéal est dénommé avec le mot grec ancien mimesis.

La nouvelle œuvre de Lili Dujourie fait référence à cette tradition et en est aussi un prolongement. Ici pas d'imitation idéalisée ou naturaliste d'un arbre, mais la représentation de la pensée d'un arbre et ces racines. Les racines qui, invisibles parce que dans l'obscurité, font partie d'un système vivant depuis des millénaires. Un réseau global et souterrain de collaboration et de guérison. Ce qui normalement reste invisible devient objet de réflexion et d'observation.

Les racines d'arbre en bronze qui « poussent » sur le socle porte de nombreuses associations symboliques qui se développeront au fil du temps, avec la ville et le musée. Dujourie montre qu'un musée peut être source de vie. Les racines renvoient au passé comme du sol fertile: tout comme les racines, l'histoire (de l'art) est ramifiée de manière erratique et est donc toujours multiple, non rectiligne. Les racines sont un symbole fort d'origine et d'inspiration, de nourriture et de croissance. Si les musées sont dépositaires d'un patrimoine, il ne faut pas oublier que ce patrimoine a lui aussi une histoire complexe qui découle de racines divergentes. Le motif de l'arbre permet également une lecture écologique de l'œuvre, dans laquelle la nature est évoquée comme une force primordiale par rapport à la culture humaine.

L’œuvre de Lili Dujourie a été sélectionné parmi trois propositions faites par des artistes de renommée internationale qui ont été invités à soumettre une proposition pour cette commande. Le jury était composé de représentants du Kunst in de Stad – Musée Middelheim, du KMSKA et de membres externes du jury Amira Gad et Joachim Naudts. Mimesis a été réalisé en collaboration avec Bart Spillemaeckers. La fonderie Art Casting était responsable de la production et de l'installation. L'œuvre fait partie de la collection Kunst in de Stad, la collection municipale d'œuvres d'art dans l'espace public d'Anvers.

A propos de l'artiste

L'œuvre de Lili Dujourie (°1941, Roulers, Belgique) mêle les influences des Primitifs flamands comme Jan Van Eyck à sa démarche artistique personnelle, partant de la fin des années 1960. Dujourie est une figure à la fois solitaire et centrale de l'art belge. Ses thèmes principaux sont la relation entre la nature et la culture, le passage et le poids du temps et sa recherche d'une compréhension émotionnelle de l'espace. Ses interventions sculpturales livrent une bataille entre peinture et sculpture, entre abstraction et figuration et entre leur présence physique et leur environnement. Elle travaille le marbre, le papier mâché, l'acier, le plomb, le velours et la céramique, donnant à la décoration et à l'ornement un rôle central et jouant avec la sensualité et la franchise des matériaux.

Dujourie a été lauréate du Prix de la Culture flamand pour les arts visuels en 2015. Son œuvre a été collectionné par des musées belges et internationaux et des collections privées.